Tournesols

Tournesols

dimanche 26 octobre 2008

rimonabant va-t-en

Il n'a fallu que quelques milliers de morts pour arrêter la commercialisation de l'Acomplia® (rimonabant).
Il en faudra combien pour arrêter la commercialisation des glitazones, du franco-français benfluorex dit Médiator®, du populaire Di-antalvic® ?

samedi 18 octobre 2008

Témoin que rien

L’histoire de Marc Machin me semble exemplaire pour expliquer la différence entre une preuve et un témoignage.
Quand je dis que l’homéopathie n’est pas plus efficace qu’un placebo, on m’oppose toujours des "preuves" d’efficacité du genre : « Mon fils avait de l’asthme et depuis qu’il prend de l’homéo, il en a plus ! » ou « Il y a des milliers de gens soulagés par l’homéopathie. » Ce n’est pas une preuve, ce ne sont que des témoignages et comme démonstration scientifique, ça ne vaut rien.

La condamnation de Marc Machin montre bien qu’un témoignage peut toujours être biaisé. Parfois de façon totalement inexplicable. Comment comprendre qu’un innocent puisse accepter de s’accuser d’un meurtre qu’il n’a pas commis ? Pourquoi les histoires médicales que racontent certains patients sont si différentes de la réalité vécue ?

Une preuve, c’est autre chose. C’est quelque chose qui peut-être reproduit à l’identique. Un test ADN est une preuve. Vous pouvez le refaire dix fois, vous aurez dix fois le même résultat. Vous pouvez le faire refaire par d’autres et vous aurez encore le même résultat.

Une étude scientifique peut être une preuve, si elle est bien construite. Si vous étudiez l’action du paracétamol contre la douleur avec une belle étude, vous obtiendrez toujours une action du paracétamol supérieure à celle du placebo. Par contre, si vous demandez à des gens leur vécu du paracétamol, vous aurez ceux qui vous diront que "rien d’autre ne les calme" et ceux qui vous diront que "ça ne me fait rien".

Dire que l’homéopathie n’a pas fait la preuve de son efficacité n’est pas une insulte contre les adeptes des petits granules, mais un fait. Tous les témoignages n’y changeront rien.

mercredi 1 octobre 2008

Touche pas à ma prostate

Contre le dépistage du cancer de la prostate.

dimanche 28 septembre 2008

Noyée

La soirée s’annonçait sympathique. Un petit apéritif avec quelqu’un que j’apprécie, quelques tranches de saucissons à déguster en parlant de tout et de rien. J’avais simplement un peu oublié que j’étais de garde. La sirène des pompiers a fait entendre son mugissement assourdissant, ce qui provoque aussitôt la réponse de mes ânes dans un concert de braiments. Mon bip n’ayant pas sonné, j’ai eu l’espoir que ce ne soit pas « pour moi ». L’espoir a duré quelques minutes, mais au moment de goûter la première gorgée de Rivesaltes, c’est le téléphone qui m’a fait abandonner la tranche de saucisson que je visais depuis quelques secondes.
« Docteur, il faut que vous veniez près de l’imprimerie, pour une noyade !! »
Ça a bien plombé l’ambiance ! J’ai mis mon invité à la porte et j’ai sauté dans ma voiture.
La noyade était bien noyée. Une dame âgée, habillée en noir qu’un « témoin » a vu flottant dans le canal qui traverse le village. Personne ne semblait la connaître. Il faut dire que la mort transforme les visages, fait d’un tableau vivant une nature morte délavée et inexpressive.

En fait, je croisais cette dame quasiment tous les jours lors de sa promenade qui passait devant le cabinet, et je lui avais même demandé le matin même si ça allait bien. « Ça va, ça va ! » m’avait-elle répondu. Elle vivait à la maison de retraite et semblait s’y trouver bien. Un peu inquiète de ne pas pouvoir payer dans quelques mois, mais, ce soir, elle avait mangé normalement son repas. Ensuite, elle est ressortie dans le noir avec sa canne et s’est jetée dans le canal.

Pourquoi ? Nous ne le saurons jamais vraiment. Y a-t-il des raisons de toute façon ?

Fin d’une vie.

mardi 2 septembre 2008

Reprise

Merci aux Anonymes unanimes pour vos encouragements. Je vous ai lâchement abandonné depuis quelques mois pour parcourir la France sur mon fougueux destrier pétaradant. Quasiment 8000 km depuis le début de juin. Je n'ai pas encore trouvé le moyen de relier ma moto à Internet, mais j'y travaille.

À la rentrée, nous prenons des nouvelles de notre petit monde. Les héros malgré eux de ce blog ont continué leur histoire.

Monsieur Jacques a continué son périple médical. Du coup, miné par l'inquiétude de tous ces examens qui reviennent normaux (« On ne me trouve rien, pourtant j'ai bien mal à la tête. »), il a maintenant mal au crâne tous les jours et des problèmes digestifs qu'il va falloir explorer. Je n'ose pas lui dire que c'est sa compagne qui le rend malade…

Firmin Lestrampe court toujours et vit sa petite vie tranquille sans savoir qu'il a été quasiment mort un jour.

Germaine nous a quittés il y a quelques mois. La vie devenait un fardeau trop lourd à porter. Elle s'est laissée couler tranquillement.

M. Bagi a toujours son pyjama bleu, qui ne déteint plus. Je ne peux pas m'empêcher de sourire quand je le vois dedans.

M. Juan a fini par décider tout seul qu'il valait mieux mourir que pourrir.

Les pieds de M. Marcel ont fini par guérir miraculeusement. Les derniers pansements ont eu lieu ce mois-ci après plus d'un an d'antibiotiques. Il faut que j'envoie des nouvelles au chirurgien qui voulait l'amputer et qui doit le croire mort.

Mme Rina
a toujours son regard pétillant et vit tranquillement avec sa famille ; un peu d'EPO pour faire monter l'hémoglobine, un peu de Kayexalate® pour faire baisser le potassium et pour l'instant elle décline peu à peu, mais ne semble pas pressée de nous quitter.

vendredi 30 mai 2008

Mots d'adultes

« Ah ! Docteur ! N'oubliez pas de me marquer de l'Effenergan ! » Si vous ne connaissez pas "l'Effenergan", c'est normal. Il n'existe pas… C'est pourtant le médicament préféré d'une de mes vieilles patientes. Il y a longtemps elle consommait du Phénergan®, puis on lui a prescrit de l'Efferalgan®. C'est devenu de l'Effenergan. Je lui prescris donc du Paracétamol effervescent.

Simple non ?

Pour M. Orlando, il ne faut pas oublier le "Bicoque", qu'il prend depuis des années. J'ai beau lui dire chaque mois depuis plus de cinq ans. « Ah oui, Le Symbicort® ! », lui, il continue à prendre du "Bicoque".

J'aimais beaucoup la "Bécotine" de Mme Isaure quand elle venait chercher son Becotide®. Monsieur Leboucher ne s'est jamais rappelé le nom du Sérétide® et l'appelle le "Pschitt pour l'asthme".

Curieusement, Monsieur Louis connait très bien son Soriatane® et son Diprosalic®, mais n'a jamais réussi à mettre en mémoire le Pentasa® qu'il appelle "Saintasa", médicament béni qui lui a soulagé ses maux de ventre.

Les génériques dont le nom est souvent composé du nom de la molécule suivi du nom du laboratoire semblent vraiment difficiles à mémoriser. C'est sûr que se rappeler Dextropropoxyphène-Paracétamol Biogaran® semble largement au-dessus des capacités mémorielles moyennes. Alors pour certains, il est plus simple de demander "du Biogaran" ou "du Merck" ce qui correspond à plusieurs dizaines de produits puisque c'est le nom du labo.

Mais comment font les médecins qui ne tiennent pas de dossier pour leurs patients ?

jeudi 29 mai 2008

Stockholm, la ville à la campagne


Nous avons passé le long week-end du 8 mai à Stockholm. Au printemps, c'est une ville magnifique, colorée. Les habitants sont très sympathiques et parlent pratiquement tous anglais. Stockholm est située sur plusieurs iles et comprend un nombre impressionnant d'espaces verts. Toutes les photos ont été prises à moins de dix kilomètres du centre de cette ville d'un million d'habitants.