Tournesols

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jeudi 8 novembre 2007

Stagiaire d'aujourd'hui

Ma première stagiaire ! Une interne en médecine générale qui finit ses études (9e année) vient me faire mes consultations un matin par semaine. Elle a déjà fait des stages avec des généralistes, travaillé comme interne dans divers services. Et là elle va passer six demi-journées par semaine chez six médecins différents pour bien s’imprégner de ce qui l’attend.

J’assiste à ses premières consultations pour pouvoir la secourir au niveau de l’informatique. Mais je ne participe pas. Enfin presque ! Rien que le fait d’être là change la relation entre le patient, l’interne et le médecin traitant.

Comme c’est bizarre d’assister à une consultation "de l’extérieur", de regarder sans rien dire. J’avais parfois envie de souffler les questions, les réponses, d’aller plus vite, de préciser. Mais bon, dure leçon d’humilité, une "débutante" arrive aussi bien que moi à se dépatouiller des approximations, des syndromes bizarres et des petits bobos. Au bout de quelques consultations, je me sentais vraiment de trop et je suis parti.

En traversant la salle d’attente, j’ai eu droit aux questions des patients qui y poireautaient. "Vous partez, Docteur !" Du genre, "vous m’abandonnez !" ou carrément "Je peux lui faire confiance ?". J’ai rassuré tout le monde et je suis parti. Sans souci.

À midi, nous nous sommes retrouvés pour faire le point. Elle a trouvé mes patients sympas (elle est gentille en plus).

Que c’est bon de voir des yeux qui brillent en parlant de médecine générale !

10 commentaires:

Laura a dit…

La stagiaire est tombée sur un bon "maître de stage".
Je pense que c'est plus facile pour les patients, mais aussi pour elle, d'être seule pendant la consultation.

Arnaud a dit…

Perso quand la "remplaçante" de mon médecin est là y'a moins de monde dans la salle d'attente...
drôle de phénomène alors qu'elle est aussi bien que lui...

Rrr a dit…

Comme je l'envie de t'avoir comme maître de stage...
C'est vrai que travailler devant un autre médecin est difficile. Je me sentais beaucoup plus libre, et je pense que je travaillais mieux quand mon maître de stage s'éclipsait (ce qu'il a fait beaucoup, beaucoup plus tardivement que toi... Et assez peu en définitive)
Mais c'est parfois aussi intéressant et enrichissant d'être trois. Même en fin de stage, même quand ce n'est plus "une présence pour aider".

ekrain a dit…

comment un métier extrêmement solitaire ... reste un métier extrêmement solitaire!

docteur V. a dit…

>ekrain a dit...
> comment un métier extrêmement solitaire ... >reste un métier extrêmement solitaire!

Très intéressante réflexion. Mais nous avons besoin d'être seul par moment avec le patient. C'est le colloque singulier.
La solitude dont souffre les médecins généralistes ne se situe pas à ce niveau.
La stagiaire n'est pas seule. Elle sait qu'à tout moment elle peut m'appeler pour me faire part d'un problème, elle sait que nous nous verrons ensuite pour parler des "cas".

La plupart des médecins n'ont pas ce recours.

docteur V. a dit…

>Arnaud a dit...
> Perso quand la "remplaçante" de mon médecin >est là y'a moins de monde dans la salle >d'attente...

Je me rappelle. Nouveau remplacement. J'arrive, la salle d'attente est pleine. J'accueille le premier. Et quand je ressors avec lui à la fin de la consultation, plus personne ! Ils s'étaient tous enfuis !

Rrr a dit…

((Perso quand la "remplaçante" de mon médecin est là y'a moins de monde dans la salle d'attente...))

Oui, ça m'a fait la même chose. La première fois que mon médecin m'a laissé le créneau du mardi de 14 à 16h... Tout était plein à craquer à partir de 16h20, et jusqu'au mercredi...
Moi, je suis allée boire un café...

ekrain a dit…

je ne connaissais que le colloque sentimental, déformation littéraire. Heureusement que je n'ai pas fait d'études de médecine; j'aurais cité Montaigne au néphrétique, Rousseau au parano, et déclaré stoïquement au moribond que philosopher c'est apprendre à mourir!
merci docteur v car j'ai l'impression de lire la Maladie de Sachs en direct, i això es un gran compliment (je me permets qlq mots en catalan suite à votre escapade pyrénéenne)

Guillaume a dit…

"Ils sont sympa"
Après chaque remplacement, j'aime bien aussi entendre cette phrase.
Une vision un brin paternaliste peu être mais pleine d'affection.
Le sentiment de laisser en garde sa famille élargie.

Ça doit faire plaisir de rencontrer des stagiaires qui veulent et aiment faire de la médecine générales.
Pas tous des spécialistes ratés amers de leurs résultats au concours.

Anonyme a dit…

ce que j'aime chez mon généraliste, c'est sa place particulière, il nous connaît, on a confiance!!!généraliste, pour moi, c'est plus que de la médecine, c'est avant tout un contact humain et une écoute, solitaire peut-être mais que de contacts et de découvertes il doit faire. on n'a pas ça chez un spécialiste...c'est pour ça que c'est difficile d'accepter un stagiaire docteur v